Etre judoka en Charente en 1938

 

 

« A cette époque, le judo est peu pratiqué et pour le faire connaître, les judokas participent à des démonstrations qui se déroulent dans les foires commerciales, fêtes, kermesses…

Ils réalisent des mises en scène, des simulations d’attaques de rue.

aDes spectacles, où alternent luttes gréco-romaines, assauts d’escrime et prises de judo sont offerts au grand public. A ces occasions le sol était simplement recouvert de cartons d’emballage et de bâche. Les premiers tatamis ! »

Michel Raynaud

 

 

 

 

 

Les premières salles d’entraînement

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« La salle de culture physique et de gymnastique médicale d’André Nocquet, à Angoulême, 1 rue de l’évêché : c’est entre ces murs que commence l’histoire du judo en Charente. Les entraînements ont ensuite lieu dans le sous-sol de la maison d’Henri Menessier, puis rue Léonce Guimberteau, sur l’herbe à Roffit, dans l’ancienne salle de gymnastique « L’Espérance », au 1er étage d’un immeuble place du Champ de Mars, dans la salle des sports du boulevard de Bury, dans une annexe de l’hôtel des Trois Piliers, ou encore au sous-sol du palais de justice. » Michel Raynaud

 

 

 

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Démonstration place Victor Hugo à Angoulême, à la foire commerciale de Saint Roch, le 10 octobre 1948. Claude Vautier, Génestie, Robert Caillaboux, Michel Gaillard, Marchive, Austin, Michel Raynaud, et Albert Marx portent des kimonos fabriqués dans des toiles de parachutes ou des bâches…

 

 

 

 

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Les premiers « dojos » ne sont équipés ni de vestiaires ni de douches. Tous les mois, les judokas bêchent la sciure dans le cadre en bois et retirent les morceaux de bois pour éviter les blessures. Les cours se déroulent ainsi : échauffement, jiu-jitsu, self-defense, répétition souple des mouvements « randori », combats, travail au sol. Bien sûr, lors des entraînements, il fallait faire très attention à ne pas tomber sur le cadre en bois.

 

 

 

Présidents du Cercle de Judo d’Angoulême

1957 : Pierre Mazelier

1960 : Pierre Besnier

1967 : Pierre Mazelier

1978 : William Cherqui

1980 : Michel Rolland

1984 : Michel Castaings

1997 : Gilles Pichon

 

 

 

Les jeunes pouvaient commencer la pratique du judo à 14 ans. Lors des tournois et des passages de ceintures, il fallait pour être vainqueur, marquer un ipon net provoqué par une belle chute de l’adversaire sur le dos ou 30 secondes d’immobilisation au sol ou encore un abandon. Pas de « koka », « wazart » ou autre avantage. Les catégories de poids n’existaient pas encore.

 

Où pratiquer ?

De la sciure de bois recouverte d’une bâche pour tout tatami, et des ceintures teintes successivement en jaune, orange, vert, bleu, marron et noir, à chaque passage de grade. Les kimonos ne sont pas vendus dans les magasins de sport. Ils sont confectionnés par les familles dans de vieux draps ou des toiles épaisses, mais ne résistent cependant pas longtemps : après une prise un peu vigoureuse, il arrive qu’ils se déchirent. Les entraînements ont lieu dans les sous-sols des maisons, les garages sans chauffage ou sur l’herbe en été.

 

Les clubs charentais

Les premiers judokas étaient surtout des hommes, qui fréquentaient habituellement les salles de sport et des fonctionnaires de la police. D’ailleurs en 1947, Georges Farge, ceinture marron, ouvre une deuxième salle de judo à Angoulême dans les locaux du commissariat : c’est le judo-club charentais. La direction technique est confiée à M. Valadon, de Poitiers, élève d’André Nocquet et de Maître Kawaïshi.

 

 

Le Cercle de Judo d’Angoulême

Dans les années 50, les judokas s’entraînaient dans deux clubs : le judo club d’Angoulême, avec Albert Marx ou le Judo Club charentais, avec Georges Farge. En 1956, aux côtés des deux ceintures noires Pierre Mazelier et Michel Raynaud, de nouveaux gradés rejoignirent le cercle.

Dans les deux dojos, les plus hauts gradés prirent conscience de la nécessité d’un entraînement hebdomadaire commun, pour parfaire leurs techniques et améliorer leurs résultats lors des compétitions. Les lieux  des rencontres devaient être alternativement dans l’un et l’autre des clubs, mais après quelques séances, la recherche d’un lieu d’entraînement commun s’imposa. Pierre Besnier trouva une salle rue Ste Ausone, une salle qui avait abrité un gymnase et faisait office de théâtre pour une association. Nous devinrent locataires des lieux. Germa alors l’idée de créer un Club ouvert à tous, avec une cotisation modeste, les membres fondateurs participant bénévolement aux différentes activités du club. Ces membres fondateurs étaient : Pierre Besnier, Gérard Chantecaille, Pierre Mazelier, Ricardo Morandini, Bernard Morel, Michel Raynaud (du Judo Club d’Angoulême) et Robert Bonneau, Michel Castaings, William Cherqui, Paul Forestier, Georges Lafaye, Alain Pissotte (du Judo Club charentais). Chacun des membres participa, selon ses possibilités, au financement des premières dépenses d’installation. Pierre Mazelier assura la première présidence, représenta le club, assura les démarches et consolida les liens entre les membres de l’équipe fondatrice.

Pierre Besnier, qui avait rejoint le club après avoir créé et animé des cours à La Rochefoucauld, apporta une aide précieuse au Cercle, obtenant les meilleurs tarifs pour les matériaux nécessaires à l’aménagement de la salle.

L’ancienne scène du théâtre, qui servit au début de vestiaire, fut démolie, donnant une surface d’entraînement plus importante. Tapis faisant office de tatamis, aménagement de douches, de vestiaires, d’un double plafond, tout fut réalisé par les membres fondateurs qui consacraient aux travaux toutes les soirées qui n’étaient pas réservées aux entraînements !    

Bien entendu, il en était de même pour l’entretien courant : ménage, alimentation des poêles.

Le Cercle a donc été une réalisation collective, tant dans sa création que dans son fonctionnement.

L’équipe est ainsi constituée :

Président : Pierre Mazelier - Vice-président : Pierre Besnier

Enseignants ceinture noires : Robert Bonneau, Michel Castaings, Gérard Chantecaille, Michel Raynaud

Assistants ceintures marrons : William Cherqui, Bernard Morel, André Pécoul, Alain Pissotte.

Après une année d’existence, le cercle rassemblait 80 licenciés. A son apogée, le Cercle de Judo compta 300 licenciés. L’ouverture de clubs dans la périphérie d’Angoulême réduisit le nombre d’adhérents : 140 en 2000, date de la disparition du Cercle de Judo qui fusionna avec le Judo Angoulême pour donner naissance à Angoulême Judo.

« A la fin de l’année 1967, une salle omnisports a été construite dans le quartier de la Grand Font à Angoulême. Sur l’intervention de Pierre Besnier et de William Cherqui, la municipalité nous attribua l’une des salles annexes. Nouvelle installation, avec cette fois des tatamis aux normes de la Fédération. Le Cercle fonctionna un certain temps dans les deux dojos, avant de se fixer définitivement à la salle omnisports, avec une surface d’entraînement de 100 mètres2 ».
Gérard Chantecaille

Le Judo-Club de Cognac

Vice-champion de France de gymnastique, Alcide Gibeaud rencontre en 1949, à la base aérienne de Saintes, M. Theil, un militaire. Il lui enseigne quelques prises de ju-jitsu et de judo. C’est le début d’une passion qui ne le quittera pas. Il se rend alors toutes les semaines au Judo-Club charentais pour suivre les cours, avec son ami de longue date Jo Farge. En 1950, il créé le Judo-Club de Cognac.

 

En 1953, Maître Michigami et André Nocquet sont venus animer un stage de judo à Angoulême, au Judo-Club, place du Palais de Justice.

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